Le plateau de Gizeh


Le plateau de Gizeh


 

Les pyramides de Gizeh (nommées simplement El-Ahram (les pyramides)) trônent à la lisière du désert, à 15 kms au Sud-Ouest du Caire. «Le monde entier craint le temps, mais le temps craint les Pyramides». Leur nom provient du mot grec pyramis, qui désignait des petits pains. L'esprit léger des Hellènes avait tourné en dérision ces monuments qui dépassaient leur entendement. Exemple parfait de deux peuples de la plus haute culture, qui ne sont pas à même de se comprendre.


I Pyramides, des lieux sacrés

Lieu sacré, où chaque jour les prêtres servaient de nombreuses offrandes à leur corps embaumé et intact pour permettre à leur âme de jouir dans l'au-delà d'une vie éternelle.

II Protection contre les pillages

L'expérience avait prouvé que trop souvent les tombes des ancêtres avaient été profanées, leurs mobiliers et bijoux volés et dispersés. Ces monuments funéraires devaient être inviolables, il fallait donc les construire en pierre calcaire, granite et basalte, matériaux supposés résister à l'épreuve du temps et à la convoitise des hommes. La forme pyramidale n'a pas été choisie délibérement, elle s'est imposée avec le temps. Des mastabas de diverses conceptions, dont la superstucture recouvre parfois un noyau de pierre assemblées en escalier d'aspect pyramidal, aboutissent après une lente évolution à cette forme architecturale.
De nombreuses thèses ont été écrites pour en justifier le choix. On y a vu une reminiscence de l'aspect de tas de sable, recouvrant la fosse où était déposé le corps. Ou encore l'aspect lumineux des rayons de soleil à travers les nuages, suggérant l'élancement de l'âme vers l'infini, ou même un tremplin, une rampe gigantesque qui conduit aux cieux.

III La révolution d'Imhotep

Ces formidables réalisations ne sont évidemment pas nées d'un seul coup au milieu du troisième millénaire avant notre ère. Elles s'inscrivent dans une évolution qui débute avec les dynasties initiales, dites thinites (Ier et IIème dynasties, vers 3000 av J.-C.). Ce développement connaît un formidable «coup d'accélérateur» avec le pharaon Djéser et son génial architecte Imhotep, que les Egyptiens diviniseront par la suite.
Djéser, le grand innovateur de la IIIème dynastie, s'est fondé sur les travaux réalisés en brique pour les tombeaux des premiers rois d'Egypte, à Abydos et à Saqqara, où les fouilles d'Emery ont mis au jour de vastes mastabas dont l'un mesure 26,5 x 53 mètres. C'est là d'ailleurs qu'apparaissent les premiers dallages et les seuils de portes en pierre. Djéser fait donc ériger par Imhotep une immense cité funéraire rectangulaire à Saqqara. Mais désormais, ce n'est plus en brique crue qu'elle est construite, mais bien dans un matériau révolutionnaire : la pierre de taille, qui résiste mieux au temps.

IV Constructions

Pendant toute la durée de son règne, le pharaon édifiait son tombeau au prix d'énormes efforts consentis par son peuple. Puis le défunt, prêt à gagner le ciel et à «s'asseoir à la droite  de Rê», s'en irait régner à jamais dans l'au-delà. Ainsi, les pyramides égyptiennes polarisent sur leur image majestueuse le culte porté au «Maitre des deux terres» - Haute et Basse Egypte - et clament leur foi en un destin éternel.

V Le mystère des pyramides

Les historiens, les archéologues et les ingénieurs modernes ont émis maintes hypothèses sur ces techniques, qui restent encore mal connues. On postule actuellement que, sur la base carrée de la pyramide, quatre rampes de brique crue et d'argile étaient construites à partir des coins et montaient à mesure que les assises de calcaire s'élevaient. Sur trois des rampes, on hissait les blocs de pierre en y faisant glisser des traîneaux de bois tirés par des bêtes ou des hommes; la quatrième rampe servait au retour des traîneaux vides. Les assises étant ainsi dressées en escalier, lorsque la pointe était terminé, on posait le revêtement en allant de haut en bas et en démontrant les rampes au fur et à mesure.

¤ Comment ont été construite les pyramides ?

- Selon Hérodote, ils ont utilisé «des machines faites de morceaux de bois courts» pour élever, de gradin en gradin, les blocs de calcaire.

- Diodore de Sicile prend le contre-pied de la première en affirmant que les bâtisseurs se sont aidés de butées de terre pour monter les pierres (théorie des rampes).

- Autres théories :

. Théorie des chèvres : Auguste Choisy
En 1904, Auguste Choisy est certain d'avoir la solution. Pour lui,  les égyptiens ont eu recours pour la mise en place des blocs à des «chèvres», sortes de potences composées de deux ou trois montants assemblés par le haut avec une poulie au point de jonction et, en bas, un treuil tournant sur son axe et permettant d'actionner l'engin à la force des bras.
Premier problème, ce système ne pouvait porter des pierres de plus de quelques centaines de kilos. De plus, cet archéologue a oublié qu'à cette époque les égyptiens ne connaissaient pas la roue, apparue seulement vers 1750 av. J-C. et d'où découle l'usage de la poulie.
Malgré son anachronisme, le thèse de Choisy est reprise plus tard par d'éminents archéologues ou architectes comme l'Allemand Uvo Hölscher en 1912. Il pense reconnaître dans les trous et encoches laissés dans les pierres pour le passage des cordages, des cavités pratiquées pour bloquer des échafaudages en sapines auxquels il ajoute un système aussi complexe que peu fiable de pinces de levage destinées à accrocher le haut des blocs.

. Théorie des sapines : Hermann Strubb-Roessler
En 1952, Hermann Strubb-Roessler croit detenir la clé en poussant plus loin l'idée de Choisy. Ses sapines à lui sont maintenues dans le sol loin de la pyramide, et de plus en plus loin au fur et à mesure qu'augmente la hauteur des travaux, à l'aide de très longues cordes de fixation. On imagine aisément la pagaille causée sur le chantier par cet enchevêtremment inextricable de cordages.
En 1975, Jean-Pierre Adam, archéologue du CNRS, est persuadé que la réponse se trouve dans l'amalgame des théories de Choisy, Hölscher et Strubb-Roessler, expliquant ainsi un dispositif mis au point par l'architecte romain Vitruve au Ier siècle av J-C. Seulement, il oublie que les treuils, cabestans et moufles que requiert le système, n'existent pas sous l'Ancien Empire.

. Théorie de l'ascenseur oscillant : Legrain
L'archéologue Legrain et son «ascenseur oscillant», une sorte de petit traîneau aux patins courbes dont quelques modèles réduits ont été retrouvés dans les tombes du Nouvel Empire. Le fait que ces modèles aient été recueillis dans des tombes du Nouvel et non de l'Ancien Empire constitue déjà une objection à cette hypothèse. Une fois le bloc hissé sur ce traîneau, à l'aide de moyens non identifiés, on le fait basculer par une simple poussée, puis on se hâte de caler l'ascenseur avec un madrier pour élever la charge de gradin en gradin jusqu'à atteindre le sommet, mais au bout de combien de decennies ?

. Théorie du Chadouf : Louis Croon
L'ingénieur allemand rejette cette théorie, arguant qu'il en aurait fallu au moins 3500 pour que le système fonctionnât. Il conclut à la neccesité d'un appareil de levage et le conçoit sur le principe du Chadouf, longue perche articulée sur un pivot constitué d'un pieu en bois que les fellahs égyptiens utilisent depuis la nuit des temps pour puiser l'eau. Selon Croon, «le bloc devait être fixé à la partie courte du levier tandis que, sur la partie longue, un certain nombres d'hommes faisaient contrepoids, suspendus à des brins de cordes. Arrivé à hauteur de l'assise supérieure, le bloc était glissé sur une épaisseur de madrier et l'opération répétée de gradin en gradin». Pour contrebalançer un poids de 2,5 tonnes, il aurait fallu environ 35 hommes et pour 40 tonnes, au minimum 560 hommes agrippés au-dessus du vide. Que les liens se rompent, et des grappes humaines seraient catapultées dans l'espace ! Sans oublier qu'au premier coup de vent un peu violent, ces machines se seraient envolées.

. Théorie du tambour : Samivel
Plus loufoque encore, Samivel imagine des glissières le long de la pyramide, sur lesquelles on dispose un grand tambour de bois avec deux traîneaux se faisant contrepoids à la manière d'un funiculaire. Le bloc à élever est placé sur le traîneau inférieur tandis que l'autre traîneau reçoit son contrepoids en hommes. Là encore, la quantité d'hommes devient extravagante pour des charges de plusieurs tonnes, d'autant qu'il n'explique pas non plus comment les blocs sont maniés et déchargés.

. Théorie d'aujourd'hui
Jusqu'aujourd'hui, tout le monde s'accorde sur le système du traîneau pour transporter les blocs. Celui-ci trouve sa justification dans une représentation de la tombe de Djouti-Hetep à Deir el-Bercheh datant de la XII ème dynastie. Quatre rangées de 43 hommes tirent un traîneau sur lequel est posée la statue colossale de ce prince. A l'avant du traîneau, un homme jette de l'eau pour favoriser le glissement sur le limon qui, une fois mouillé, se transforme en véritable patinoire. L'éternel problème reste celui de la montée des blocs. Et là, la plupart des archéologues en reviennent au système des rampes.

- Théorie des rampes :

. Rampe droite
Cette théorie propose une grande rampe unique, perpendiculaire à l'un des côtés de la pyramide. Elle aurait eu l'avantage de laisser libres, durant la construction, trois côtés et les quatres coins, ce qui aurait permis aux bâtisseurs de vérifier l'angle des pentes et les diagonales. Un contrôle attentif en était essentiel, faute de quoi une distorsion pouvait se produire, qui aurait empêché les arêtes de se rejoindre en pointes. Toutefois, afin de maintenir une pente suffisamment faible pour que la rampe fût praticable, il aurait fallu allonger celle-ci en fonction du gain de hauteur. On aurait été souvent obligé de cesser temporairement tout travail sur la pyramide, parce que cette conception n'aurait pas permis la construction simultanée du monument et de la rampe. L'accès final à la pointe aurait exigé un ouvrage si long qu'il aurait traversé et dépassé la carrière, ce qui est manifestement impossible.

. Quatres rampes parallèles entourant la pyramide = rampe hélicoïdale
Cette théorie propose une rampe entourant la pyramide. La variante la plus commune de cette proposition en fait partir une de chaque coin, de telle sorte qu'il y ait quatre qui s'élèvent parallèlement, hélicoïdalement, en reposant sur les pierres du revêtement extérieur inachevée. Ces pierres auraient reçu leur finition au fur et à mesure du démantelement des rampes, après qu'on eut atteint le sommet de la pyramide. Cette théorie laisse libre la plus grande partie des faces, en permettant le contrôle des lignes et des angles, et elle maintient les rampes dans le voisinage immédiat de la pyramide. Elle soulève néanmoins quelques difficultés. D'abord, il semble peu probable que les faces brutes de l'édifice aient pu supporter le poids des rampes qui, dans l'hypothèse retenue, auraient été faites de briques ou de gravats. Ensuite une rampe en colimaçon aurait augmenté la distance de halage et nécessité des efforts importants de la part des équipes pour faire tourner des blocs de plusieurs tonnes autour d'arêtes aiguës.

. Théorie de Mark Lehner combinant une rampe droite et une rampe hélicoïdale
Cet égyptologue américain propose une rampe combinant les théories précitées. L'ouvrage serait parti de l'entrée de la carrière pour s'élever à une trentaine de mètres au-dessus de la base de la pyramide, vers son coin sud-ouest. Entourant ensuite l'édifice à mesure qu'il se serait élevé, il l'aurait entièrement enfermé. Le poids de la rampe aurait été supporté essentiellement par le sol et la circulation se serait faite sur une large chaussée aux virages très serrés. Toujours selon cette théorie, la pente initiale aurait été commodément de 6,5° au départ de la carrière pour s'élever à chaque tour et atteindre 18° dans l'ascension finale vers le sommet. Ce dernier segment paraît trop raide mais il est vrai qu'il n'aurait eu qu'une quarantaine de mètres de long et qu'à ce stade les moellons auraient été beaucoup plus petits et moins nombreux : aux deux tiers de sa hauteur, la pyramide était faite à 90%. Les avantages majeurs de sa proposition sont que la rampe aurait atteint le sommet par le chemin le plus court et que, sa plus grande partie posant sur le sol, elle n'aurait pas pesé sur les faces de la pyramide. Toutefois, si elle l'enveloppait entièrement, il devenait difficile de contrôler tant les lignes que les angles. En outre, on se demande si un ouvrage aussi massif aurait pu s'élever sur toute la hauteur de la grande pyramide sans s'écrouler.
La plupart des égyptologues supposent que la rampe d'accès était faite de briques. Or une construction de brique en limon du Nil, aussi vaste qu'une telle rampe, aurait certainement dû laisser des traces ou des dépôts de boue, inexistants sur le terrain situé au sud de la pyramide de Khéops. Cependant, ce terrain et la carrière sont largement remplis de débris d'un genre particulier : éclats de calcaire, gypse et une argile crayeuse appelé tafla. Il est raisonnable de penser que ce pouvaient être les matériaux de la rampe principale d'acheminement, déblayés lors du démantèlement de celle-ci. Récemment, des fouilles de l'auteur et de ses collègues ont révélé deux sections de la rampe, lesquelles démontrent non seulement que celle-ci reliait la carrière au coin sud-ouest de la pyramide, comme l'a supposé Mark Lehner, mais qu'elle était bien faite de blocaille et de tafla.

Page suivante >>>

Article réalisé par moi-même grâce à des différents livres et sites sur le net.

5 votes. Moyenne 4.00 sur 5.

Commentaires (4)

1. ExtisevAite (site web) 03/09/2012

olWOzRwL longchamp pliage LBbiMVAtYP <a href=http://sacslongchampvsoldes.info]longchamp pliage</a>... nQKoZFs http://sacslongchampvsoldes.info

2. Plearpsep (site web) 09/09/2012

xggexhmqt louboutin wdnpvctyxr <a href=http://louboutinnmagasinn.webnode.fr/>chaussures louboutin</a> omfwuko http://louboutinnmagasinn.webnode.fr/

3. SmalCaulmix (site web) 22/10/2012

uumbu <a href=http://frdesacvuittonnmagasinn.info>louis vuitton pas cher</a> yarusi <a href=http://frdechaussuresloubutinnmagasin.info>christian louboutin pas cher</a> xxcog http://frdesacvuittonnmagasinn.info ct saz

4. AmactRoma (site web) 07/11/2012

olwbu fontt <a href="http://www.fropolorallphlaurenmagasin.info/#101">polo ralph lauren pas cher</a> xdsxp rzkfyo Le plateau de Gizeh - Les passions de Stéphanie gjwvjdl <a href="http://www.jpzmonclairsonlines.com/">モンクレール</a> rviytjs yierv

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×